MARIE
Marie ma fille fleur
Te voici éclose à ce monde
En ce vingt mars débutant
jour de ton premier printemps
Et déjà tu bondis à bord de mon poême
Car déjà bien sûr depuis longtemps je t'aime
Marie
Fille des pelouses vertes
Des jonquilles et des bourgeons
Et des nuages blancs courant à l'horizon
Enfant des giboulées qui délavent le ciel
Et des rayons premiers d'un éclatant soleil
Fille aimée du crocus et de la primevère
Petit bébé d'amour de la fin des hivers
Appelée à la vie pour que vibre en nous
Avec toi plus de vie
Dans les bras de ta mère tu loges longuement
Et je te bois de mon regard
Comme toi ton biberon
Grand soleil au ciel de ton berceau
Vois petite fleur le sourire arc-en-ciel de ton père
De ta mère de ton frère
Heureux émus contents
S'arrêtant de respirer pour écouter ton souffle
Regarder se gonfler doucement ta poitrine
Et n'en pas revenir de tes paupières refermées
Si parfaites dans le soleil endormi
Et n'en pas revenir de ce petit bébé aux yeux bleux
Sans cheveux
De cet ange qu'incroyablement tu es
Oh Marie ma fille adorée
Mon merveilleux petit enfant
Tes grands yeux portent en eux
Tout le bonheur du monde :
Petite bouille de lait frais
Corbeille débordante de fruits délicats
Flamme éclairante de l'âtre hospitalier
Grand ciel bleu insensible à la haine
Houblon joyeux qui danse
Blé en plaine
Te comptempler me repose et m'apaise
Comme si battait en moi ta raison d'exister
Et dans le même vent dans ton p'tit coeur
La mienne
Oh Marie tant aimée, oh mon enfant que j'aime
Puisse ton sourire et ta naïveté
Et le satin de ton âme
Eclabousser tous les murs gris
Et ton souffle pur
Enneiger les noirceurs
De ce monde berné parfois de salissures
De ce monde à cueillir
Pour tes bras Marie
Comme une fleur
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